2026
Alexandru Fechet
Alexandru Fechet est auteurice, chercheur·e et performeur·e. Ses textes voient le jour parfois en revue, parfois sur scène. Iel écrit à partir du corps comme lieu d’héritage et de consumation – de traumatisme et de grâce. Iel travaille comme libraire et enseignant·e à Tio’tià:ke/Montréal.
Dans le cadre de la résidence Tracer la voix, Alexandru Fechet, par son projet L’oubli parle, aborde l’immigration, la violence politique, tant intime qu’historique, et la transmission traumatique au sein d’une relation entre une mère et son enfant. Le projet s’intéresse à la manière dont la violence se réverbère jusqu’à la vie intime des êtres – leurs désirs, leurs pulsions, leur manière d’aimer et de s’abandonner. Comment l’écrasement politique engendre-t-il des personnes hantées par la destruction ? Et comment cette hantise se transmet-elle d’un corps à un autre, particulièrement dans le lien de filiation ? Enfin, comment penser une poétique qui puisse déployer la violence répétitive du traumatisme jusqu’à y faire éclore des potentialités créatrices et tracer ainsi la voie d’une réparation de l’affectif ?
Alexandru Fechet remercie le Festival de la poésie de Montréal, le Conseil des arts de Montréal et la Bibliothèque interculturelle de Côte-des-Neiges pour leur confiance, leur générosité et leur soutien.
2025
Elissa Kayal
Née à Beyrouth d’une famille libano-palestinienne, Elissa Kayal est une écrivaine, poète et critique littéraire qui habite Tiohtià:ke/Montréal depuis 2011. Sa pratique artistique allie performance, psychanalyse et poésie où la parole jaillit du corps et de ses organes. Ses principes sont l’euphorie, l’urgence, les célébrations vengeresses, l’oralité et la culture pop.
Dans le cadre de la résidence Tracer la voix, Elissa Kayal travaille sur l’écriture de trois suites poétiques intitulées « Utérus », où elle revient à ce premier contenant, le corps de l’autre, pour comprendre les notions de sécurité, de complétude et de paradis perdu. Sans nier la gravité des horreurs — ni passées ni actuelles —, son projet met en tension la violence du monde extérieur avec la douceur, la chaleur et la patience qui ont été déployées, avant même que l’on existe, pour nous donner naissance, justement, et nous offrir la vie. Il pose les questions suivantes : qu’est-ce qui, après la naissance, peut servir d’utérus substitutif Qu’est-ce qui nous porte, nous contient, nous enveloppe lorsqu’adviennent la violence, le déchirement, le déracinement ? Est-il possible de concevoir une résistance qui passe, non pas par le fait d’être dur ou robuste, mais par la douceur, le soin, la fulgurance de l’émotion brute qui ne demande qu’à être « reçue » ? Est-il possible de concevoir, après la mère, la communauté ? Après le pays, le continent ? La poésie d’Elissa se veut une réponse claire, affirmative, à la haine et à la guerre : « j’arrive dans ce monde parce que j’y ai été portée ».