POÈTES DU QUÉBEC
Sayaka Araniva-Yanez est artiste latino-américain·e multidisciplinaire, originaire du Salvador, basé·e à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal, et a été libraire-cogestionnaire à l'Euguélionne, librairie féministe pendant plusieurs années. Je regarde de la porno quand je suis triste est son premier livre publié aux Éditions Triptyque. Ce dernier remporte le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie Poésie. Sayaka est critique de poésie dans la revue Estuaire, ainsi que responsable de la Librairie du Centre d'art et de diffusion CLARK.
Crédit photo : Manoushka Larouche
Geneviève Blais est poète et professeure de littérature au collégial. Depuis plusieurs années, elle mène de front une pratique d’écriture nourrie par une réflexion constante sur la transmission et la contamination. La filiation au féminin constitue d’ailleurs l’un des axes centraux de son œuvre : figures maternelles, héritages invisibles, continuités et ruptures générationnelles y sont explorés dans une langue à la fois qui interroge autant qu’elle révèle. Le dialogue entre la poésie et les arts visuels représente également un moteur essentiel de sa démarche. Cette porosité entre les disciplines nourrit une écriture où les formes se répondent et se déplacent, créant des espaces de résonance entre texte et image. Elle a publié six recueils de poésie aux éditions Poètes de brousse, dont Le manège a lieu, finaliste au prix Émile-Nelligan. Son plus récent livre, une histoire dans une histoire dans une, s’est retrouvé en lice aux prix Alain-Grandbois ainsi qu’au Prix de poésie des cégepien·nes.
Crédit photo : Justine Latour
Lili Charles pense souvent à se défaire de ses cheveux et à extirper le canari rose logé dans sa gorge. C’est une affaire de voix en sursauts, de roches qui jouent à se reconnaître par échos. Sur une balançoire entre Tiohtià:ke/Mooniyang et Chiang Mai, iel s’approche de ce qui s’agite dans l’espace entre, entre les paroles et les corps. Ses poulains enlacés rêvent les yeux ouverts et percent des trous pour raviver des traverses à partager. On retrouve ses gestes de renaissance et de dissidence dans les revues Mœbius, Le Sabord et Estuaire; ses œuvres visuelles ont quant à elles été exposées à The Open Gallery à Buenos Aires.
Crédit photo : Lawrence Fafard
Tasia Bachir est poète et autrice-compositrice-interprète au sein du projet musical Nous Deux, avec lequel elle a fait paraître l’album « … et le monde entier » en 2025 sous sa propre étiquette de disque, Chouchou Records. Ses poèmes ont été publiés dans les revues Estuaire, Tantôt et Moebius, entre autres. Parmi ses projets en cours, elle se consacre actuellement à l’écriture d’un recueil de poésie, à la composition d’un deuxième album avec Nous Deux, ainsi qu’à un projet de long métrage avec le cinéaste Jérémi Roy.
Crédit photo : Ludovic Alarie
Colette Zouvi est l’autrice de trois livres de poésie, dont L’herbe clochette, finaliste au prix Émile-Nelligan. Traductrice du catalan, elle a fait paraître La part du feu de Pol Guasch. Elle a codirigé Les désordres de la création, un ouvrage consacré à la recherche-création, et publié dans plusieurs revues et livres collectifs. Son texte « Suite Bambi #6 » lui a valu le prix Félix-Antoine-Savard de poésie en 2026. Elle poursuit actuellement des recherches postdoctorales à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Crédit photo : Kane Henderson
POÈTES DE BERLIN
Maud Ruget fait partie des fondatrices du Réseau des autrices francophones de Berlin. En 2021, elle reçoit une bourse de l'Association Beaumarchais pour son scénario de pièce radiophonique No future (pour l'humanité). En 2023, elle représente la France aux Jeux de la Francophonie pour la littérature avec sa nouvelle Maelstrom. Ses poèmes ornithologiques Origine et Le mythe sont publiés dans une anthologie de poésie trilingue dans le cadre du projet Brabbeln, Babillages, Balbucear (U8 Kollektiv) et ont fait l’objet d’une lecture au Poesie Festival Berlin. Elle publie également dans la revue berlinoise Stadtsprachen et la revue franco-allemande Konfluence. Ses intérêts de recherche sont la recherche-création, les écritures post-traumatiques et l’écopoétique.
Crédit photo : Julie Meresse
Laurence Ratté est une jeune artiste multidisciplinaire québécoise qui vit à Berlin depuis 4 ans. Elle est membre du Réseau des autrices francophones de Berlin depuis 2025 et étudie présentement à l’Université des Arts de Berlin. Dans sa pratique, elle expérimente avec la poésie, les arts visuels et l’installation pour emporter le public dans son univers à la croisée entre la forêt abitibienne, la scène artistique berlinoise et l’activisme. Sa poésie emprunte autant à la langue québécoise régionale, qu’à l’anglais ou l’allemand.
Crédit photo : Jaroen Tilch
Emma Gresinski vit à Berlin. Elle termine ses études en littérature comparée à la Freie Universität après une khâgne à Lyon. Elle obtient une bourse du Deutscher Übersetzerfonds pour la traduction d'Eiscafé Europa, une collection d’essais poétiques sur la virginité, la résistance, le langage et l'extrême droite, ce qui marque ses débuts dans la traduction. En 2025, elle participe au programme Goldschmidt (France-Suisse-Allemagne), où elle traduit en binôme avec Manon Hopf. La même année paraît son article consacré à la poétesse Esther Dischereit dans le recueil Lesen wir anders?, et en 2026, le Stadtsprachenmagazin publie son texte sur les bonsaïs. Ses thèmes de prédilection : la religion, la folie et le tabou du corps.
Crédit photo : Janek Kindel
Amélie Porcher-Huỳnh est une autrice et photographe franco-allemande qui vit à Berlin. Elle a fait des études de littérature et de linguistique à la Sorbonne et obtenu un diplôme de l’école de théâtre et de cinéma Acting International Paris (sous la direction de Robert Cordier). Elle a participé à plusieurs projets photographiques et audiovisuels en France et en Allemagne (Maison de la Photographie de Lille, Festival international de la photographie d’Arles, UFA Fiction). Son recueil J’entends les fantômes des colons frissonner dans l’air lourd est en cours de rédaction. Elle définit son écriture comme une « poésie de la soustraction », où chaque mot doit, par sa forme autant que par ce qu’il porte, faire sens. Elle y travaille la mémoire des corps et le déracinement, tout en accordant aux objets et aux matières une place particulière : porteurs de traces et témoins, ils acquièrent parfois une forme d’agentivité. À Berlin, le Hamburger Bahnhof occupe une place particulière dans sa géographie personnelle, notamment l’installation mémorielle de Tom Fecht, Denkraum: Namen und Steine. Parmi les pierres qui la composent, l’une porte le nom de son mari.
Ann Gaspe (alias Agnès Guipont) est une artiste transdisciplinaire qui mêle dans ses différents projets la littérature, la musique, la création sonore et la performance. Basée à Berlin depuis 2002, elle participe à de nombreuses productions théâtrales comme co-autrice, musicienne ou artiste sonore (Sophiensaele, Institut Français, Hau, HfS Ernst Busch, Noyman Miller, etc.). Elle a publié deux recueils de poésie (L'eau reposait sur le dos du vent, en auto-édition, et Oreille, dans Anthologie des poètes pas morts, Le Veilleur Édition) à Paris. Elle aime à travailler sur la musicalité du texte et les possibilités narratives du son. Ann Gaspe est membre fondatrice du Réseau des Autrices francophones de Berlin.
Crédit photo : Grahan Hains
Fjell (iel/elle) est un corps en ratures. Un disque rayé de mots qui cherche à se refaire, charcuterie de souvenirs pour imposer un présent, un futur. Fjell immerge la langue québécoise dans l’allemande, l’anglaise, explore son appartenance à des paysages, ses réalités. À Berlin depuis quelques années, Fjell y laisse sa trace poétique et politique sur les murs, sur scène, dans les failles de la ville, allume les feux entre les craques de pavés.

